Récit d’un descendeur lyonnais au Brésil…Objectif 100Km/h !

Voici un petit article retraçant mon périple au Brésil lors de la dernière étape de coupe du monde de descente IIDA 2014 se déroulant à Teutonia (proche de Porto Alegre)

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Frustré de n’avoir jamais dépassé les 100km/h sur mes rollers (99km/h à l’Izoard en 2007, 97km/h à Peyragudes en 2012), je me fixe comme objectif de passer cette barre au Brésil.
Teutonia….une descente atypique et extrème de l’autre côté du globe.
Combinaison cuir obligatoire pour l’occasion, celle-ci me gêne pour adopter une bonne position aérodynamique mais place à la sécurité vu les vitesses atteintes !

Peu technique aux premiers abords (un virage gauche passant sans freiner à 70km/h), la descente s’avère beaucoup plus piégeuse que prévue.

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A noter de nombreuses chutes dans la partie la plus rapide avec pas mal de blessures à la clef.

En effet après ce fameux virage gauche, se dresse un véritable toboggan avec des portions de bitumes de mauvaise qualité.

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Le contexte de la course met aussi dans l’ambiance. Une église au sommet de la descente et pas moins de deux cimetières aux abords de la piste ; bienvenue à Teutonia !
Avant le départ, des riders font le signe de croix, d’autres ont brodé leur groupe sanguin sur leur combinaison cuir. Bref, de quoi vous mettre en de très bonnes conditions mentales lorsque vous êtes le seul français de Evènement de l’autre côté du globe !

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Lors d’un entrainement, je pars derrière trois brésiliens. Lors de la dernière ligne droite, un premier tombe (aux environ de 80km/h) et je suis au premier rang pour voir sa Caméra GoPro se disloquer sous la violence du choc (et accessoirement 1ère grosse frayeur à devoir l’éviter à cette même vitesse).
Derrière, je me remet en schuss et nouvelle chute d’une patineuse brésilienne sur la section la plus rapide (aux environ de 90km/h), j’arrive alors à l’éviter une nouvelle fois et vois une fraction de seconde la patineuse et un élément (que je croyais son patin) de l’autre côté…il s’avère qu’il s’agissait de son casque qui s’était désolidarisé de sa tête suite à la chute !

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J’avais fais l’acquisition in extremis la veille de mon départ d’un GPS afin de pouvoir enregistrer mes vitesses maximum. Le samedi lors des derniers entrainements et phase chronométrées, je frôle encore une fois cette barrière avec 2 runs à 99.1 et 99.2Km/h et une 5ème place aux runs chrono. La malédiction se répète !

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Dimanche, place aux derniers entraînements puis à la compétition d’inline cross (deux riders de front, le premier passant à l’étape suivante).

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Au départ du dernier entrainement de la matinée, je sais qu’il s’agit de ma dernière chance de tenter ce « record » personnel. Je reste emboîté dans le schuss tout en subissant les pressions de la descente et les vibrations de la pente en évitant tout mouvement parasite au niveau de la partie haute du corps.
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Je franchis la ligne d’arrivée et jeta un coup d’œil à mon GPS : 100 (à prononcer « one hundred » pour les amis de Shakespear)
! Pas plus, pas moins, mais le moment est enregistré via une photo et gravé à jamais dans ma mémoire.

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Nouvelle remontée dans le bus (qui gravit la course en première sous les acclamations du public venu en nombre sur la piste dans ce pays où la descente est un sport populaire et reconnu) et place maintenant à la compétition.

En 1/8 de finale, je tombe contre Juliana la seule fille étant toujours en course. Je gagne facilement la manche.

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En ¼ de finale, je tombe contre l’autre européen de l’étape Sandro Bovo. Celui-ci étant beaucoup plus motivé pour aller chercher la gagne que moi, je ne prend pas de risque et reste derrière lui dans le schuss et remporte là aussi la 5ème place à l’inline cross.
Sandro décroche pour sa part la 3ème place du podium et représente donc l’Europe sur ce podium brésilien.

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Après une remise de prix longue mais très populaire et généreuse en lot, nous retournons à l’hôtel pour une dernière douche, chargé le Kombi avec nos affaires et rentrer sur Porto Alegre à 3h du matin.
Le lendemain, un dernier tour en ville, au centre commercial pour dépenser mes derniers Reals en Havaianas et il est déjà l’heure de reprendre l’avion.

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32° au Brésil, 2° à Lyon en ce mois de novembre… cet écart de température me manquera mais beaucoup moins que la chaleur humaine et générosité des personnes rencontrées là bas et de la dynamique de pratique du roller présente au Brésil.

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Plus d’informations : www.inlinedownhill.com

Vidéo de la finale d’Inline cross :